Le 24 juillet: Un feu d’artifice inoubliable
Nous quittons le nid douillet, nous le savons, nous le regretterons. De la pluie et du vent sont annoncés. En effet, dès la sortie de Reykjavik, des bourrasques de vent accompagnées de pluie dont les gouttes ici se déplacent à l’horizontal mettent à mal l’équilibre de nos motos.
Nous arrivons sur le parking, payant, sous un déluge. Nous attachons nos casques sous mon blouson sanglé, j’enfile ma parka décathlon et nous prenons le chemin qui doit nous mener à un spectacle inoubliable. Au passage, les sympathiques islandais très organisés, nous proposent de nous emmener en bus 4x4 pour la modique somme de 70€ par personne. Nous tournons les talons et préférons marcher deux heures.
Le chemin semble interminable, vent et pluie ne nous épargnent pas. Nous avons le vent dans le dos ce qui nous épargne des efforts ainsi que la pluie en pleine face. Il faut toujours positiver.
Nous aurons une accalmie arrivés à 1 km d’un spectacle grandiose. Ça y est! Nous le voyons, le volcan est toujours en éruption.
Grand moment d’émotions; nous restons là, hébétés en nous considérants comme privilégiés. La probabilité qu’un tel événement se produise pendant notre séjour est incroyable. D’autant que, nous apprendrons plus tard, le spectacle s’est arrêté le 06 août alors que nous étions encore sur l’île.
Une première série de photos au cas où mère nature nous malmène puis je lance le drone. Malgré le vent, j’envoie le mini à plus de 2 km pour faire des vidéos et photos incroyables. Enfin ça c’est surtout si je récupère la bête. Je ne prends pas de risque et lance un RTH à 30% de batterie restante. Que le temps est long, que le pourcentage batterie baisse vite. Je commence à me dire que j’ai été gourmand, très optimiste voir imprudent et que je vais le payer cher. La télécommande émet des bin de plus en plus stridents. Mon corps produit des doses d’adrénaline insupportables. J’ai le temps d’envisager plusieurs scénarios. Enfin, un bourdonnement mes sort de mes réflexions, la bête approche, je la cherche avec impatience du regard.
J’aurais l’alerte de batterie faible et un posé automatique sous des bips de plus en plus forts à quelques mètres du point de départ. Ouf!
Nous reprenons le chemin qui nous amène sur la coulée de lave quipou nous récompenser de nos efforts, nous réchauffera. Nous voyons à quelques centimètres de nous la lave rougeoyante, virant au jaune par un dégradé d’oranges. Incroyable! Même à plus d’un kilomètre du cratère, la lave continue d’avancer. Très lentement mais elle bouge.
J’ai échangé quelques mots avec un des chauffeurs de bus, la température de la lave en fusion dépasse les 1000 degrés, en surface 700. Le champ de lave restera chaud pendant plus d’un an, probablement deux par endroits selon l’épaisseur. C’est impressionnant. La lave fait du bruit, elle crépite tel le charbon de bois attisé dans un barbecue.
Nous prenons un peu de hauteur et admirons le spectacle: nous ne sommes vraiment pas grand chose.
Il faut encore immortaliser ces moments, je change le pack de batterie, la carte SD (au cas où) et relance le drone. Le cratère est plus proche, je ne l’éloignerais que de 1200 mètres (car nous devons voler à vue). Je déclenche le RTH bien avant cette fois.
Un petit souvenir solide et frais dans la poche et, encore une fois, à contre coeur nous faisons le chemin en sens inverse.
Dès la première centaine de mètres, la pluie reprend nous faisant comprendre que nous avons pris la bonne décision. Quelle chance. Et oui il faut relativiser. Je préfère prendre la pluie pendant le trajet et profiter de ce qui s’offre à nous. Nous ne l’apprécions que mieux.
Il est maintenant 11h00 et croisons tous types de personnes, du baroudeur au citadin avec ses petites baskets blanches et les pantalons qui traînement au sol. Connaissant le parcours, nous nous marrons intérieurement. L’apothéose sera une touriste asiatique en moon boots argentées. Je rigole extérieurement cette fois, c’est trop fort. Quelles est la probabilité de réussite d’une telle randonnée déguisé de la sorte? La solution sera certainement d’écraser la nature sauvage et très fragile ici je le crains.
De retour au parking, il est temps de trouver le camping qui nous recevra pour la nuit. Nous dormirons près de Geysir où d’autres aventures nous attendent en direction du Landmannalaugar. Nous nous calons avec la météo pour essayer de profiter pleinement de ce dernier.
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