Histoire de marin...
1865, les Grands Clippers qui font la route du Thé s’apprêtent à appareiller et les Maîtres d’Equipages recrutent à tour de bras dans les bars à matelots...
- « Allez jeunes gens, venez signer pour une aventure sans pareille, le tour du monde ses escales fabuleuses et ses femmes accueillantes... » proclament les recruteurs.
Justement, un timonier cherche un armement pour une énième traversée ; mais il semble peu empressé. Un patron de pont l’avise et l’apostrophe ainsi :
« - Alors, on hésite encore ? Tu devrais embarquer avec nous, tu feras les Indes, Madagascar, l’Asie du Sud-Est, des contrées où les femmes sont chaudes et fraîche la bière.. »
« - Ben, c’est que j’ai du mal sur les longues navigations ; tout ce temps en mer, sans voir une femme, je peux pas ! » répond le matelot.
« Ah, t’en fait pas, avec nous, pas de problème, on a tout ce qu’il faut à bord ! » répartit le recruteur.
Le croyant sur parole, le mataf signe et le voilà enrôlé. Quelques jours plus tard, en haute mer, n’y tenant plus il demande au Maître d’Equipage :
« Alors, où sont-elles ces femmes ? » demande l’impatient.
« Ben, en fait, il n’y a pas de femmes à bord ! » Devant la mine déconfite du timonier en mal de tendresse, le bosco poursuit : « Nous avons mieux que ça, dit-il, avec un clin d’oeil égrillard. Voilà, quand tu sens que tu as besoin de satisfaire tes envies, tu viens me demander la clé que voilà et tu descends à fond de cale. Après la sainte-barbe, tu trouveras un petit compartiment avec un tonneau , il y a un trou sur le côté du tonneau ; bon je te fais pas un dessin, hein ? et voilà. Tu verras, tu ne seras pas déçu »
Un rien dubitatif, le marin, n’y tenant plus demande la clé et s’en va... à fond de cale.
Quelques temps plus tard, il revient, la mine ravie. « -Alors, demande le patron bosco, content ? »
« - Content ? EN-CHAN-TÉ !

Dirais-je ! » s’exclama le moussaillon émoustillé.
Et ainsi de suite, tous les jours de la semaine, il va réclamer les clés du Paradis au Maître d’Equipage. Le super pied !
La semaine suivante, le revoilà encore à quémander la clé. Mais là, refus tout net !
« - Mais enfin, s’ecria-t-il, je ne tiendrai jamais jusqu’à la prochaine escale ! »
« Peut-être, lui répondît le bosco, mais cette semaine c’est à ton tour d’être dans le tonneau ! »
