Le 9 août: La fin des choses agréables, dernière étape
La nuit a été calme et ça se voit au nombre de personnes au petit déjeuner ou dans les coursives. Je profiterais comme il se doit de ce petit déjeuner, le dernier m’étant resté en travers de la gorge. Le buffet est vraiment généreux et varié. Il y en a pour tous les gouts. Les crêpes sont à tomber par terre.
Pour patienter, nous regarderons un film et quelques épisodes d’une série, nous avons fait le tour du navire plusieurs fois. J’en profite également pour fermer les yeux cinq minutes.
L’arrivée à Hirtshals est prévue à 20h00, nous devons libérer la cabine une heure avant. Le bateau ayant du retard, on nous demandera poliment de sortir nos affaires dix minutes avant, il a fallu sauter dans les équipements et se charger comme des mules pour faire un premier aller retour en cale pour sangler les sacs.
Nous remonterons sur les ponts supérieurs afin d’attendre l’arrivée au port.
Le bateau arrivera à l’heure dans son retard.
Le top départ pour le retour à la maison est donné, Nous sommes alors samedi 9 aout, il est 20h40, les roues de nos fidèles destriers quittent la rampe du ferry, nous voici sur la terre ferme à quelques 1500 kilomètres de la maison. Nous reprenons le boulot lundi matin…
Nous avons fait le choix de tracer le plus loin possible. Nous verrons en fonction de nos états de fatigue, rien n’est écrit. Enfin presque rien. Compte tenu de ce qui nous attend, nous faisons le choix de faire une pause toutes les heures et demi ou moins si le besoin s’en faisait ressentir. De même que le régime alimentaire, barres de céréales, eau à gogo, rien de gras.
C’est ainsi que nous entamons la route avec un vent modéré qui nous accompagnera pendant une paire d’heures. Les kilomètres défilent, nous doublons des amis motards chargés comme nous. Nous en retrouvons d’autres aux stations services. Ce sera ainsi pendant toute la descente du Danemark.
Il est maintenant une heure du matin, se présente à nous la dernière aire de repos avant l’Allemagne. Je décide de m’y arrêter, nous faisons les pleins et allons chercher un coin calme pour nous reposer vraiment. Nous finirons sur les bancs d’une table de pique nique, emmitouflés à chercher le sommeil qui ne viendra pas. Trop de passage sur l’autoroute, des véhicules passent à côté de nous.
Au bout d’un certain temps, l’inconfort se fait ressentir, ma dorsale semble vouloir s’incruster dans mon dos. 2h du mat, nous grignotons et redémarrons les moteurs et reprenons la route.
La routine s’installe, à partir d’une heure et quart de roulage, je commence à chercher une aire, avec ou sans station service en fonction de ce qui nous reste dans les réservoirs.
Nous serons étonnés de retrouver un autre groupe de motards qui était avec nous sur le bateau. Nous qui pensions être les seuls fadas à rouler de la sorte. Au jeu des différents arrêts, nous nous retrouverons encore et encore, jusqu’au lever du soleil où nos chemins se séparerons avec le jeu des différents échangeurs.
6h50, un arrêt petit déj au McDo, les pleins sont faits, chaines graissées. Deuxième grande pause. Nos pauses habituelles étaient de l’ordre de 15 à 20 minutes, ici nous resterons pendant une heure. Le monde s’éveille, la circulation reprend.
Nous commençons à voir un panneau indiquant Strasbourg mais nous devons entrer en France à Mulhouse. Il est 12h40, nous faisons le dernier plein en Allemagne, j’attends avec impatience de retrouver nos autoroutes payantes et nos radars. La lassitude s’installe…
Les températures étaient jusque là clémentes mais nous sentons la chaleur arriver doucement mais surement après le passage de la frontière. Il est temps de peler les couches que nous portons. Les aérations ne tarderons pas à être ouvertes.
15h50, Besançon, dernière pause, dernier plein, il nous reste une heure à souffrir. Il fait 34°C. La température est au plus du double de la veille à la sortie du ferry (et je ne parle pas des 5°C du dernier matin).
17h00, enfin, la maison. Nous l’avons fait! Fatigué, je n’aurais pas la force de retourner les motos pour les rentrer dans le garage.
Au départ de Hirtchals, le GPS annonçait une arrivée à 10h30. Nous avons donc pris 5h30 de pauses au total.
Encore un exploit d’accompli, non seulement pour moi mais également pour ma moitié. Nous n’étions pas loin d’un Iron butt, mais je n’aurai jamais imaginé le faire à deux. Faire autant de route en si peu de temps est quelque chose qu’il n’est pas possible d’imposer. La confiance dans l’autre, l’honnêteté sur son état de fatigue et la régularité sont la clé de la réussite d’un tel périple.
Clap de fin pour cette belle aventure Islandaise, demain retour à la réalité après une bonne nuit de sommeil.
Restera à tout décharger, laver les motos, le matériel et quelques remises en état à réaliser.
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